Si le décor, bistrot parigot pur jus, n’évoque pas la Corse de prime abord, l’assiette trahit délicieusement les origines du maître des lieux !

Texte Jean-Louis André. Photos Marie Gheerardyn.

Chez qui ?

Au cœur du quartier latin, au sommet de la montagne Sainte-Geneviève, à revers du Panthéon. Un endroit où l’on ne s’attend pas vraiment à entendre parler du maquis, des brebis qui viennent de mettre bas et de la dernière livraison de figatelli. Mais Olivier, le patron, a beau s’être amarré à Paris, on a toujours l’impression qu’il est en partance pour son île. Il y retourne d’ailleurs au moins une fois par mois, histoire de se ressourcer et d’élargir la palette de ses fournisseurs (mention spéciale pour le producteur de brocciu, Jean-Jo Marcellesi). Régulièrement, Marie-Jeanne, sa maman, fait depuis Calvi le trajet en sens inverse. Elle apporte quelques herbes du potager et prend les commandes de la cuisine. D’autres fois, ce sont des voisines, aubergistes insulaires, qui débarquent en guest-stars. Bref, on ne s’est jamais senti aussi proche de la Balagne.

La cuisine ?

Elle est robuste et généreuse. Jambons, coppa et lonzo sont affinés à point. La côte de cochon est moelleuse. L’agneau de sept heures embaume le romarin, et les cannellonis au brocciu ont, comme il se doit, un arrière-goût de menthe. Même les desserts naviguent entre ici et là-bas grâce au savoir-faire du chef, Frédéric Wattelier (le même depuis l’ouverture) : ça faisait longtemps que l’on n’avait pas mangé un fiadone aussi aérien. Quant au traditionnel moelleux, il n’est pas au chocolat… mais à la châtaigne.

La salle ?

L’endroit ressemble à un vrai bistrot parisien, pas à une fausse auberge de campagne reconstituée. Atmosphère cosy, même si le « y » s’est changé en « i » pour faire plus corse. Le comptoir est au milieu de la salle, les murs sont patinés d’ocre rouge, la bibliothèque rassemble tout, ou presque, ce qui paraît sur l’île de Beauté. Tables en bois, banquettes en cuir.

Le service ?

Les habitués ont droit à quelques petites faveurs, comme les champignons au vinaigre arrivés tout droit du village. à la fin du repas, Olivier vient faire un brin de causette et offre le coup de myrte. Il arrive que Thomas Dutronc, habitué des lieux, sorte alors sa guitare et fasse un bœuf.

Le Cosi, 75005 Paris. fermé le dimanche. Menu déjeuner 18 € (entrée + plat ou plat + dessert). Le soir à la carte uniquement : 45 € env. pour entrée + plat + dessert.