Lointaine et insulaire, la Nouvelle-Zélande est une terre attachante. Une bonne nature, à l’image de ses paysages somptueux et de l’accueil de ses habitants.

Paris-Auckland, 18 533 km. Plus de vingt-quatre heures de vol. Le bout du monde ou tout comme. Pourtant la Nouvelle-Zélande s’apprivoise facilement. C’est d’ailleurs ce qui a conquis ses premiers habitants, les Maoris : en abordant sa côte pacifique, ils trouvèrent illico de quoi subsister sur cette terre vierge et s’installèrent définitivement dans cette Bay of Plenty (« baie de l’abondance »). Généreuse, elle l’est aussi dans ses proportions. Il est donc utopique d’imaginer la découvrir en entier, en un seul voyage. D’abord parce qu’elle se compose de deux grandes îles, North et South Islands – baptisées seulement depuis l’année dernière, c’est dire la jeunesse du pays (moins de deux siècles). Et parce que l’on aurait tort de ne pas profiter de la douceur de vivre d’un pays où la paire de tongs est l’accessoire officiel national.

Nous laissons la sauvage île du Sud et ses paysages époustouflants pour une autre expédition. Direction l’île du Nord et cap sur la côte est pour un atterrissage en douceur. Bordée par le Pacifique, Hawke’s Bay est une région viticole et gastronomique. Chaque année s’y déroule, au mois de novembre, un festival culinaire, le FAWC (Food and Wine Classic), réunissant des chefs de tout le pays pour des masterclasses, des dégustations ou des dîners à thème. Un rendez-vous convivial qui permet de découvrir les produits locaux : huiles d’olive, fromages bio, piments… Surnommé la « coupe à fruits de la Nouvelle-Zélande » pour ses vergers, Hawke’s Bay est surtout la deuxième région viticole du pays. Les domaines se découvrent le long de la Wineries Ride, une piste cyclable qui serpente entre les vignes. La plupart dispose d’excellents restaurants. Autant de haltes bucoliques dans des vignobles en pente douce plongeant vers le Pacifique azur.

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Nouvelle-Zélande, la douceur de vivre est tangible et la nature omniprésente.

Hawke’s Bay est également réputée pour un trésor architectural. Ravagée par un tremblement de terre en 1931, Napier, une de ses villes principales, a été complètement reconstruite dans le style Art déco. Chaque année en février, durant un week-end, le temps s’arrête et la ville voit défiler lors d’un grand rassemblement les vieilles tractions et les robes charleston. Il fait bon aussi simplement flâner le long de Marine Parade ou dans les cafés pour déguster de plantureux petits déjeuners. Enfin, il ne faut pas quitter cette magnifique région sans visiter le site exceptionnel de Cape Kidnappers, à l’extrémité de la péninsule, pour ses collines verdoyantes à perte de vue peuplées d’innombrables moutons, ses falaises à pic et sa colonie de fous de Bassan. L’occasion de prendre la mesure d’une nature omniprésente.

Nouvelle-Zélande, retour aux sources maories

C’est sur la route que l’on saisit le mieux la dimension de ses vastes étendues. Pour rejoindre Rotorua, au centre de l’île, on recommande de délaisser la State Highway (SH5) pour la Desert Road (SH1), appelée aussi Gentle Annie, car elle serpente doucement parmi trois volcans endormis. On rejoint alors le berceau de la culture maorie. Une zone géothermique, prisée autrefois pour les vertus médicinales de ses eaux soufrées, mais aussi pour ses applications pratiques. Dans les sources bouillonnantes, on plongeait, pour les cuire, viandes et légumes. Après avoir parcouru le site lunaire de Te Puia percé de deux grands geysers, un parc dédié à l’artisanat maori, les touristes peuvent encore déguster un panier vapeur cuit par dame Nature.

Nouvelle-Zélande, un joyeux mélange de cultures anglo-saxonne, maorie et asiatique.

Bien que ne représentant que 16 % de la population, les Maoris ont profondément marqué le pays, ne serait-ce que dans la toponymie et le langage au quotidien. Maoris et Pakehas (« Européens ») vous accueilleront avec le même mot : kia ora (« bienvenue »). Car si les premiers habitants étaient autrefois de féroces guerriers, leurs descendants forment une communauté fière de son identité et désireuse de la partager. Le manuhiri (« invité ») bénéficie donc de tous les égards, et l’on se met en quatre pour l’accueillir. Après avoir arpenté les grands espaces, le voyageur aime parfois reprendre pied sur le bitume. Auckland, la ville principale, l’attend pour une transition tout en douceur. Sauf à vouloir sauter dans le vide du haut de la Sky Tower, la tour emblématique de la ville, car, rappelons-le, les Néo-Zélandais (on dit ici les Kiwis) ont inventé le saut à l’élastique. On vous conseille plutôt de flâner du côté de Posonby Road, avec ses échoppes de vaisselle et ses restaurants léchés, ou d’aller croquer un bagel ou une salade du côté de Wellesley Street. Prenez aussi le temps de découvrir Devonport, que l’on atteint après une courte traversée en ferry. Vue imprenable sur Auckland et flânerie parmi ses pittoresques villas en bois, pour tomber définitivement sous le charme de ces îles si pacifiques.

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  1. Cigares de poisson fumé et épinards, pannacotta au chou-fleur.
  2. Les façades d’époque ajoutent au charme du centre-ville d’Auckland.
  3. La douceur de vivre est tangible et la nature omniprésente.
  4. Au sud de Napier, le site exceptionnel de Cape Kidnappers qui surplombe l’océan.
  5. La folie des food trucks fait rage ici aussi.
  6. Les terres néo-zélandaises – dont la mer n’est jamais loin – donnent envie de partir à l’aventure.

Texte Marie-Laure Fréchet. Photos Valérie Lhomme.