Faire une détox, comme son nom l’indique c’est aider son corps à chasser les toxines qui s’y sont accumulées, qu’elles soient d’origine endogène (les déchets produits naturellement lors de la digestion, de l’activité physique…) ou exogène (polluants, additifs, métaux lourds, pesticides…). Pourquoi au printemps ? "Parce que, en hiver, le corps est déjà assez occupé à combattre le froid et les virus, répond Flora Terruzzi, diplômée à la fois en diététique et en naturopathie. Pendant la saison froide, poursuit-elle, on mange plus et on bouge moins, du coup on accumule plus de graisses et de toxines. Le début du printemps est la période idéale pour une cure détox, c’est le moment où la nature renaît, où on recommence à sortir et où on se remet en mouvement."

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Il existe cinq organes "émonctoires", c'est-à-dire chargés d'éliminer les toxines : le foie, les reins, les intestins, les poumons et la peau. Mais au printemps, le principal organe qu'il faut soutenir est le foie : "Il intervient dans plus de 500 fonctions de l’organisme, filtre pas moins de 2 400 litres de sang par 24 h, transforme les nutriments, et produit la bile nécessaire à la digestion des graisses", explique la naturopathe. C’est donc lui que l’on va chouchouter, grâce à des plantes et des aliments bien choisis.

Combien de temps dure une cure détox ?

Une cure détox doit durer 10 à 21 jours que Flora Terruzzi nous détaille : "On distingue trois phases : l’activation, quand les enzymes produites par le foie attaquent les toxines mises en réserve dans les graisses ; la conjugaison, quand il neutralise ces toxines pour qu’elles ne soient plus dangereuses ; et l’élimination, quand le foie les rejette via la bile ou les urines."

Les plantes à consommer lors d'une détox printanière

Différentes plantes permettent de soutenir les phases d'une détox, notamment l'artichaut, le radis noir, la fumeterre, le romarin, le pissenlit et le curcuma. La naturopathe conseille d’en consommer une ou plusieurs pendant toute la durée de la cure :

  • soit sous forme d’extrait de plante fraîche standardisé (EPS), le plus efficace, à raison de 1 c. à café dans un peu d’eau matin et soir avant de manger ;
  • soit sous forme de macérat de bourgeon (gemmothérapie), plus doux, 5 gouttes le matin et 5 le soir ;
  • soit sous forme d’extrait sec en gélule, le plus pratique, en suivant les recommandations de l’emballage ;
  • soit encore sous forme de tisane à raison de 2 à 3 tasses par jour, ces dernières ayant l’avantage de faire boire de l’eau, ce qui est important pour drainer les déchets.

Quels sont les aliments qui nettoient le foie ?

Prendre des plantes ne fait pas tout. Pour soutenir le foie dans ses fonctions d’élimination, il est important de ne pas le surcharger. Par conséquent, exit l'alcool, les produits ultra-transformés, la junk food, les repas gras et copieux... "Il faut préférer le thé au café (qui contient plus de caféine), le fromage de chèvre ou de brebis à celui de vache (dont les globules gras sont plus gros et difficiles à digérer), les céréales complètes aux céréales raffinées (qui impactent plus la glycémie et favorisent le stockage)", conseille Flora Terruzzi.

Il faut aussi faire la part belle aux légumes peu caloriques, riches en fibres qui favorisent le transit, en minéraux diurétiques, en antioxydants et en enzymes digestives. Les légumes les plus intéressant dans le cadre d’une détox sont :

  • ceux qui sont riches en potassium diurétique (épinards, champignons, choux, poireaux, pissenlits, céleris en branches...),
  • ceux qui sont amers et stimulent le foie et la sécrétion de bile digestive (asperges, artichauts, endives, radis noirs, pomélos...).

On pense aussi aux graines germées à parsemer au dernier moment sur les assiettes, car la germination décuple leurs teneurs en vitamines antioxydantes et en enzymes digestives.

Une hygiène de vie adaptée à la détox

On profite de cette cure détox pour éliminer le maximum de polluants de son environnement, ce qui soulagera d’autant les organes émonctoires. C’est le moment de faire le tri dans ses cosmétiques et ses produits de nettoyage en ne gardant que le strict nécessaire et en privilégiant ceux qui portent un écolabel.

On essaye de s’organiser un week-end ou, mieux, un petit séjour dans la nature, loin des grandes villes polluées : "À la mer, à la campagne ou à la montagne, l’air est chargé en ions négatifs qui sont bons pour le moral", indique Flora Terruzzi.

Une activité physique régulière a également de l’importance, puisqu’elle favorise l’oxygénation des cellules, le bon fonctionnement du transit et la circulation sanguine, qui drainent les déchets.

On veille aussi à avoir un bon sommeil en se couchant à heure régulière et en dormant au moins 7 h, car c’est la nuit que les processus de nettoyage et de réparation de l’organisme sont les plus actifs. "Mettre une bouillotte chaude 20 min sur son foie le soir est un geste simple et vraiment efficace pour soutenir cet organe", conseille la naturopathe.

Côté détente : bain chaud, sauna, hammam, massage lymphatique sont aussi d’excellents alliés pour éliminer les toxines.

La détox de printemps, c'est pour qui ?

D’après la naturopathe Flora Terruzzi, une petite détox de printemps, c’est bon pour presque tout le monde, mais surtout si son corps montre des signes qu’il est "encrassé" et fonctionne au ralenti : fatigue, problèmes de digestion, prise de poids, peau terne et/ou avec des boutons, sommeil perturbé, manque de concentration, humeur irritable…

Seules les femmes enceintes et allaitantes doivent l’éviter, car pendant la cure des toxines sont relarguées dans l’organisme. De même, on la déconseille aux enfants dont les organes émonctoires tout neufs ne nécessitent pas d’être boostés.

Enfin, on évite la détox si on se sent épuisé car elle demande de l’énergie. Il faut d’abord adopter de bonnes habitudes (alimentation équilibrée, sommeil suffisant, activité physique adaptée…) afin de retrouver suffisamment d’énergie pour se lancer dans une détox.

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(Article publié dans le magazine Saveurs Green n° 17, 2023)

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